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3. Des Humains ? Plus Besoin !        

          Nous l'avons vu précédemment, les animaux explosent l'écran, si bien que notre utilité, nous pauvres humains, demeure en question. D'ailleurs, on ne tarde pas à voir des animaux à notre place, parlant notre langue et portant nos vêtements. Mickey et son célèbre short rouge a ouvert la voie, il a rapidement été suivi par les personnages de grands classiques comme Jiminy Criquet et sa superbe jaquette, Dumbo et son petit bonnet jaune, des autruches ballerines... Pire encore, certains animaux n'hésitent pas à fonder des sociétés secrètes sous notre nez ! Bon, il faut avouer que c'est souvent pour apporter leur aide aux humains, comme la "SOS Société", dont Bernard et Bianca sont de fiers représentants. Mais ils ne s'arrêtent pas là, et les scénaristes n'hésitent plus à pousser la personnification à l'extrême !

 

(Emelius Browne en situation délicate avec l'ours de Naboombu)

          L'anthropomorphisme se poursuit de plus belle sur l'ile de Naboobu, dans L'Apprentie Sorcière (1971) de Robert Stevenson. Ce segment animé d'une main de maître par Ward Kimball, le papa de Jiminy Criquet, est l'occasion d'une rencontre étonnante entre les humains incarnés par de véritables acteurs et les animaux de l'île, toons agissant comme des hommes. On assiste ainsi à un concours de danse sous-marin suivi d'un match de football un peu spécial sur le territoire du Roi, un majestueux lion gardien de l'Etoile d'Astaroth... si convoitée par Eglantine Price. Finalement, ce sont les animaux qui chassent les humains de l'île ! La séquence est devenue la plus populaire du film, qui lui vaut malheureusement de trop nombreuses comparaisons avec son grand frère, Mary Poppins.

 

          Très vite, les humains se retrouvent carrément effacés des films d'animation, ces derniers ne se concentrant plus que sur nos amis à quatre pattes (ou plus...). L'un des segments de Le Crapaud et le Maître d'Ecole (1949), La Mare aux Grenouilles, en est un bon exemple. Crapaud Baron Têtard (excusez du peu), passionné d'automobile, échange son somptueux manoir contre un cabriolé rouge scintillant... mais volé ! Jeté en prison, Crapaud devra compter sur le courage de ses amis Mc Blaireau, le Rat et la Taupe pour retrouver son honneur... et son château ! On retrouvera d'ailleurs ces personnages lors d'une furtive apparition dans Le Noël de Mickey trente-quatre ans plus tard. La Mare aux Grenouilles sera en outre le moyen-métrage du film le mieux traité commercialement: une ressortie sur grand écran est programmée en 1975 et le segment est le seul à bénéficier d'une sortie vidéo sur le sol français dans la série "Mini Classiques" au début des années 90.

(Mr Crapaud et Cyril le Cheval dans La Mare aux Grenouilles)

 

(De haut en bas: Robin des Bois, Basil Détective Privé, Chicken Little)

          Le succès des histoires d'animaux "made in Disney" est sans appel, si bien qu'ils ne tardent pas à s'immiscer dans les adaptations des plus célèbres romans, en particulier britanniques. Exit les humains... bienvenue au renard Robin des Bois (1973) et à la souris Basil Détective Privé (1986)! Le premier, réalisé par Wolfgang Reitherman, prend la liberté artistique d'associer à chaque personnage de la légende anglaise l'animal qui correspond le mieux à son caractère: l'espiègle Robin des Bois prend ainsi les traits d'un renard, le sympathique Petit Jean devient un ours, le sombre Shérif de Nottingham un loup et le cruel Prince Jean un lion miteux. Ce détournement devient l'atout majeur du film qui lui permet de rester l'une des adaptations de Robin des Bois les plus célèbres. Malheureusement, le film souffre paradoxalement d'un manque cruel d'imagination (de nombreuses scènes sont directement copiées d'autres grands classiques) et n'atteste pas de l'ambition de ses prédécesseurs. Treize ans plus tard, nous découvrons un Sherlock Holmes d'un nouveau genre, porté sur les écrans par Burny Mattinson, David Michener, Ron Clements et John Musker. Le célèbre détective est ainsi animé sous les traits de la souris Basil, il en est de même pour son fidèle assistant le Dr Dawson. Le méchant, Ratigan, devient un affreux rat... Il faudra attendre 2005 pour revoir des animaux porter des pantalons et le premier grand classique Disney en animation par ordinateur: Chicken Little. Le petit poulet, qui s'est attiré les foudres de tous les habitants d'Oakey Oaks en prenant la chute d'un gland pour celle du ciel, ne parvient plus à se faire entendre lorsque des morceaux du ciel finissent par réellement tomber sur Terre. Si Chicken Little ne restera pas autant dans les mémoires que Robin des Bois ou Basil Détective Privé, il propose tout de même une galerie de personnages forts sympathique et un scénario original, mais décousu...

 

 

4. Les Animaux au Naturel

 

          Il ne faut pas s'y tromper: si les animaux humanisés ont une place privilégiée dans la galaxie Disney, certaines production centrent bel et bien leur récit exclusivement sur des animaux évoluant dans leur milieu naturel. Et ça commence très tôt ! Plusieurs Silly Symphonies s'invitent dans le monde des animaux, notamment le célèbre Vilain Petit Canard (1939), lauréat de l'Oscar du Meilleur court-métrage d'animation, Birds in the Spring (1933), Symphonie du Court de Ferme (1938)... Dès 1937, pour son cinquième long-métrage d'animation, Walt Disney envisage d'adapter sur les écrans l'histoire du jeune faon Bambi, d'après le roman de Felix Salten. Le film sort en 1942 et connaît de virulentes critiques de la part de la presse, jugeant les animaux... trop réalistes ! Il est vrai que la fidélité remarquable des occupants de la forêt dénote avec les personnages plus "toons" des précédentes productions animées Disney. C'était pourtant l'un des défis majeurs du film, afin de garantir au mieux le transfert des émotions, si présentes dans le long-métrage. Le public saura malgré tout trouver en Bambi le chef d'œuvre qu'il est réellement: le film reste l'un des plus chargés en émotions de la compagnie, et l'un des plus appréciés.

(Bambi)

 

 

     

(Le Roi Lion)

         Finalement, il reste assez rare de trouver de telles productions animées, où les humains sont exclus et les animaux restent fidèles à leur nature.  Il faudra attendre 1994 pour renouveler l'expérience. On change alors radicalement de décors: adieux les beaux arbres et ruisseaux de la forêt et bienvenue dans la majestueuse savane africaine ! Dans Le Roi Lion, réalisé par Roger Allers et Rob Minkoff, nous suivons l'histoire du jeune lion Simba, destiné à régner sur la Terre des Lions. Mais le poste est déjà convoité par son oncle, Scar... On le sait tous, Le Roi Lion a connu dès sa sortie un succès phénoménal sur lequel on aura l'occasion de revenir dans ce dossier. Le ras-de-marré est sûrement dû en grande partie à la palette de personnages attachants que propose le film: le suricate Timon et le phacochère Pumbaa sont devenus aussi célèbres que Simba lui-même!

 

         A ce jour, on ne compte plus que deux autres tentatives dans le genre. La suivante est réalisée par les studios PIXAR: après l'incroyable succès de Toy Story en 1995, le studio à la lanterne souhaite transporter son public dans univers tout aussi fascinant que celui des jouets. Trois ans plus tard, John Lasseter nous livre 1001 Pattes (A Bug's Life), qui s'intéresse au petit monde des insectes. Nous voilà plongés dans l'univers fascinant de la fourmilière, à l'échelle de ses occupantes. Tilt, une simple fourmi, part à la recherche d'un groupe de mercenaires qui pourront enfin arrêter l'oppression qu'exercent les sauterelles sur les insectes travailleurs... Mais au lieu de guerriers, c'est une troupe de cirque que Tilt ramène ! Arrive ensuite en 2000 Dinosaure, réalisé par Ralph Zondag et Eric Leighton, qui nous propose un bond dans le passé. Et quel bond ! Nous voici propulsés il y a 65 millions d'années en plein Crétacé. En effet, pour l'entrée dans le nouveau millénaire, les studios Disney veulent marquer un grand coup en mettant sur pied un long-métrage hybride mélangeant dinosaures de synthèse et décors réels. Si le long-métrage réalise de belles performances au box-office (plus de 5 millions d'entrées en France), sa popularité a peu perduré, juste de quoi être réintégré il y a quelques mois dans la liste officielle des grands classiques Disney dont il avait été privé à sa sortie...

(Haut: 1001 Pattes (A Bug's Life), Bas: Dinosaure)

 

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